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Le Manège de Magali Corrière

 
Exposition-performance - en projet
 
 
 
 
 
 

L'idée



Selon les «profileurs», la dépersonnalisation ou la réification permet aux tueurs de ne voir dans leurs victimes qu’un moyen d’accéder à leur plaisir et de ne pas se sentir responsables de leurs actes (puisque l’autre n’existe pas).
La chosification de leurs victimes les libère de leur culpabilité.
De plus, ils peuvent exercer un pouvoir absolu sur un être et le posséder entièrement.
Si l’homme n’existe pas,
tout est permis.

Constat



C’est avec le début de l’industrialisation et avec la mise en place du capitalisme que l’on parle de "fétichisme de la marchandise".
Cette chosification commerciale a pour conséquence, à long terme, de réduire l’homme-l’autre à un moyen ou une entrave pour l’accomplissement personnel.
Dans nos sociétés dites civilisées, nous sommes ce que nous possédons.
Nous n’avons qu’une valeur matérielle.
Nous sommes des objets de consommation qui consomment.
La massification...
La mastification...
La mortification...

Cette manière d’évacuer l’humain n’est certes pas nouvelle, mais dans nos sociétés «avancées», elle devient la norme et produit des nouveaux codes de communication.
Que vaut l’homme pour l’homme.
Non pas l’homme et son pays,
l’homme et la société,
l’homme et son travail,
l’homme et sa famille,
l’homme avec lui-même,
mais l’homme pour l’homme.

Le projet

Offrir une réflexion et une provocation pluridisciplinaire sur la réification.
Un regard sur l’état de l’humain.
Dans le même espace, galerie ou autre, proposer une exposition de plusieurs peintres, des lectures et le manège, avec, en alternance, des acteurs ou des "pendus" fabriqués.

Le manège

Des personnes du public entrent. 4 ou 5, pas plus.
Elles suivent un couloir noir,
éclairé uniquement par un chemin lumineux au sol.
Elles arrivent au centre d’une salle plongée dans l’obscurité.
Lumière.
Elles découvrent d’un coup un espace totalement blanc avec des corps suspendus à des esses dans un manège qui tourne.
Viande de boucherie ?
Salle de tortures ?
Antre d’un tueur sériel ?
La représentation de l’homme moderne !
De la chair à pâté,
de la chair à canon,
de la chair à vendre et à recycler
La salle est blanche comme une cuisine, un laboratoire ou un abattoir.

Contraste entre le blanc de la pièce et le rouge de la viande.
Une musique de manège renforce l’idée de banalité.
L’image ne correspond pas au son : mélange de cris d’enfants, de voix, de musique de foire.
Puis, tout s’arrête et un chemin s’allume indiquant la sortie.
2 webcams permettront de filmer les personnes dans l’enceinte.
Les images seront visibles en direct sur le site internet de la Cie.
Le manège rend compte de l’idée de marchandise humaine à consommer ou étant déjà consommé.
Une mise à disposition des corps… passifs… sans révolte… offerts et gratuits… dépersonnalisés…
     
     
 
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