la voix suave du répondeur de Mitsuko qui se fiche de moi dans la cabine glaciale, mon stylet qui grave dans le p.v.c. de la cabine un sexe énorme au cul absent de Mitsuko, la pluie qui s'infiltre dans mon col, la voix de Kratchek qui résonne en échos dans ma solitude,
la fille aux cheveux platine éclatés qui déboule à toute allure d'un coin de rue et vient s'aplatir dans mes genoux, ses yeux bleus écarquillés et sa bouche, pourrie par la drogue, qui reste ouverte quelques secondes puis qui demande pourquoi la pluie tombe sans bruit, le taxi couleur léopard qui surgit du même coin de rue et les coups de feu qui me plaquent dans les détritus, le retour à la surface avec la fille morte agrippée aux jambes de mon pantalon, lourde comme une ancre de marine qui tente de m'entraîner au fond de l'eau, mes doigts qui détordent ceux de la fille, son corps frêle que je laisse derrière moi, dans les détritus, 
le retour chez moi, à pied, dans une nuit de plus en plus épaisse, en compagnie d'une bouche pourrie criant des ordres qui dégoulinent dans mon dos, fondu au noir sur la porte de mon immeuble, repos.